Homélie Mgr Habert Baptême de Thérèse 4 janvier 2013

Homélie de Mgr Habert

à l'occasion du 140ème anniversaire du Baptême de Ste Thérèse

Basilique Notre Dame 4 janvier 2013

 

Nous célébrons ce soir un anniversaire, le 140° anniversaire du baptême de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. C’est en effet le 4 janvier 1873 que la jeune Thérèse reçut dans cette église la grâce du baptême.

Cet anniversaire coïncide pour la vie de notre Eglise catholique avec la démarche de « l’année de la foi » demandée par le pape Benoît XVI.

Ouverte le 11 octobre dernier, elle se conclura en novembre prochain.

Si le pape a voulu cette année c’est qu’il souhaite qu’en même temps:

Les chrétiens doivent reprendre une conscience plus vive de la joie, du bonheur de croire. Cette joie et ce bonheur intégrant même une certaine fierté. Le pape en parle en terme d’enthousiasme : "j’ai rappelé l’exigence de redécouvrir le chemin de la foi pour mettre en lumière de façon toujours plus évidente la joie et l’enthousiasme renouvelé de la rencontre avec le Christ".

Mais la seconde motivation de l’année de la foi est qu’elle ne réside pas dans le simple souci d’une consolidation de notre foi  mais elle doit susciter dans le cœur des croyants le désir de l’annoncer. D’où ce lien entre l’année de la foi et le synode sur la nouvelle évangélisation.

Cette aventure de la foi, elle commence au baptême. Dans son motu proprio ouvrant l’année de la foi, le pape y fait dès le début allusion. Il explique en parlant de la vie chrétienne : ce chemin dure toute la vie. Il commence par le baptême, par lequel nous pouvons appeler Dieu du nom de Père.

Benoît XVI met donc en valeur la notion de filiation pour expliquer l’effet premier du baptême. C’est bien cette identité nouvelle qui nous y est donnée : nous sommes enfants de Dieu.

Saint Jean en parle dans la première lecture de ce jour, il explique : L'homme qui est né de Dieu ne commet pas le péché, car ce qui a été semé par Dieu demeure en lui : il ne peut donc pas pécher, puisqu'il est né de Dieu.

Nous trouvons ici une conviction profonde de la première Eglise qui consiste à croire que celui qui est baptisé est un saint. C’est ainsi que Saint Paul saluait parfois les premiers chrétiens dans ses lettres : vous les saints qui demeurez dans tel ou tel endroit, disait-il.

Oui chaque baptisé est devenu un saint, en tout cas il a tout reçu pour le rester, pour se maintenir dans la grâce.

Nous savons bien qu’un tel idéal est rarement atteint, car nous sommes toujours rattrapés par le péché, mais cet idéal n’est pas en dehors de notre portée.

Il est bon de nous rappeler ces convictions sous peine de réduire considérablement la nouveauté de ce que le baptême imprime en nous.

En évoquant le don de la sainteté comment ne pas penser aujourd’hui à Sainte Thérèse.

Oui, on peut dire que la grande aventure de la sainteté qu’elle a vécue, a bien commencé ici il y a 140 ans et que toute sa vie a été vécue dans le désir de maintenir en elle ce don de la grâce reçue au baptême.

Elle évoque ce désir dans l’histoire d’une âme, elle parle de son désir qui peut sembler téméraire dit-elle de devenir une grande sainte. Et elle écrit : « c’est lui seul qui se contentant de mes faibles efforts m’élèvera jusqu’à lui et me couvrant de ses mérites infinies me fera sainte »

Thérèse nous résume ici le secret de la vie chrétienne :

Faire des efforts, donner le meilleur de soi-même.

Et en même temps : se laisser faire par Dieu, tout accueillir de lui, avancer comme un enfant. La fameuse voie de l’enfance qu’elle a initiée.

Ce baptême Thérèse en a donc compris tout l’aspect personnel, intime, sa relation au Père.

Une relation au père qu’il faut entretenir.

C’est ici le mystère de la foi. Cette foi que le pape Benoît XVI veut que nous redécouvrions d’une façon toujours nouvelle au cours de cette année qu’il nous propose.

Nous le savons bien à la fin de sa vie Thérèse connut l’épreuve du doute, l’épreuve de la nuit de la foi.

Réécoutons encore un passage de l’histoire d’une âme, elle est alors à la fin de sa vie : « lorsque je chante le bonheur du ciel, l’éternelle possession de Dieu, je n’en ressens aucune joie, car je chante simplement ce que je veux croire. »

Thérèse emploie ici un verbe important, c’est le verbe vouloir. Elle nous explique ainsi combien la foi n’est pas qu’un simple sentiment, elle engage aussi notre volonté.

Nous retrouvons ici l’évangile de ce jour et la question que Jésus pose à Pierre et André qui le suivent. Ils leur demande : « Que cherchez vous ? ».

Quel est votre désir, quelle est votre volonté ?

Alors frères et sœurs en cette année de la foi, nous devons nous aussi nous poser cette question : Que cherchons nous, que voulons-nous ?
Nous le faisons en une période de l’année où nous formulons des vœux les uns pour les autres, ou nous-même nous prenons des résolutions pour l’année nouvelle.

Alors que cherchons-nous ? Que désirons-nous ?

Certainement des bonnes choses : la paix, la joie, le bonheur, la santé. Il nous est bon de demander tout cela.

Peut-être aussi certain de nos désirs ne sont-ils pas tous purs, pour nous-mêmes ou nos proches.

Désir de réussir coûte que coûte, désir de richesse, désir de prendre la première place, désir de tout posséder, désir excessif d’être reconnu …

Mais est-ce que nous désirons que notre foi grandisse ?

Est-ce que comme Pierre et André nous posons au Seigneur cette question : Maître : où demeures-tu ? »

Qu’au cours de cette célébration nous sachions confier au Seigneur cette année nouvelle.

Que cette année de la foi nous donne de redécouvrir la grâce de notre baptême.

Saint Thérèse nous accompagnage sur ce chemin. Tout au long de sa vie elle s’est laissé guider par cette petite voie de l’enfance. Oui, par le baptême nous sommes devenus enfants de Dieu. Rendons grâce pour ce don gratuit qui nous a été fait, et montrons-nous ardents et joyeux pour en parler autour de nous.  

+Jacques Habert

Evêque de Séez

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :